CDPMEM 56
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CDPMEM 56

Comité Départemental des Pêches Maritimes et des Elevages Marins du Morbihan

 

LES ENERGIES MARINES RENOUVELABLES en Bretagne

 

Avec 2 700 kilomètres de littoral, des plateaux marins ventés, de la houle, des courants, des marées, la Bretagne a un potentiel de développement des Energies marines renouvelables très important et cherche à devenir une région pionnière des énergies marines.

  • La première hydrolienne de France a été immergée pendant un an au large de Paimpol en 2011. Deux autres devraient l’être en 2016.
  • Une soixantaine d’éoliennes offshore posées seront installées entre 2018 et 2020 dans la baie de Saint-Brieuc.
  • Une hydrolienne d’essai a été immergée à l’été 2015 dans le Fromveur, au large d’Ouessant. Une ferme pilote pourrait ensuite voir le jour.
  • Des études de faisabilité sont en cours pour le projet de ferme d’essai houlomotrice « WattMor » en baie d’Audierne.
  • Plusieurs tests d’hydroliennes en rivières, estuaires ou le long des côtes sont à l’étude.
  • Un Appel à Projet a été lancé en août 2015 pour le développement de fermes pilotes d’éoliennes flottantes. Quatre sites propices ont été retenus, un en Bretagne (Groix) et trois en Méditerranée (Faraman, Gruissan et Leucate).

 

Les projets EMR dans le Morbihan

1. Le projet de ferme pilote d’éoliennes flottantes au large de Groix

Les données présentées ici sont celles connues à ce jour (février 2016). En fonction de l’évolution du projet, des choix technologiques et des contraintes environnementales, elles sont susceptibles d’évoluer.

1.1. Localisation

La zone est située à environ 10 km au large de Groix et à 20 km de Lorient.

Le site propice d’implantation d’éoliennes flottantes publié dans l’Appel à Projet de l’ADEME en août 2015 prend en compte la zone de moindre contrainte pour la pêche professionnelle qui a été approuvée par le Conseil du CDPMEM56 du 12 octobre 2013.

Zone_propice_AAP_050815

La zone se situe à l’ouest du plateau des Graviers et à l’est du plateau du Grec. Elle mesure environ 11 km de long sur 1,5 km de large. Elle est définie par les points suivants :

Points Coordonnées en degrés minutes décimales (WGS84) Coordonnées en Toran
A (N-W) X : 3° 29.400’O

Y : 47° 32.400’N

Toran A : 1 5197.74

Toran B : 2 4240.79

B (N-E) X : 3° 28.200’O

Y : 47° 32.400’N

Toran A : 1 5213.73

Toran B : 2 4238.70

C (S-E) X : 3° 27.000’O

Y : 47° 26.383’N

Toran A : 1 5241.77

Toran B : 2 4292.92

D (S-W) X : 3° 28.200’O

Y : 47° 26.383’N

Toran A : 1 5226.81

Toran B : 2 4294.16

1.2. Caractéristiques des éoliennes

L’éolienne offshore flottante proposée est le modèle SEA REED ©, constitué d’une éolienne Haliade™ d’Alstom et d’un flotteur avec ancrages développé spécifiquement par les équipes de DCNS. L’ensemble sera fabriqué en France et assemblé probablement à Brest. La turbine a une puissance de 6 mW.

L’ensemble éolienne + flotteur mesure environ 200 m de haut, le diamètre des pâles est de 150 m et le tirant d’eau est de l’ordre de 20 m.

L’appel à projet prévoit l’installation de 3 à 6 éoliennes sur les sites propices désignés. Sur la zone de Groix le nombre de machines n’est pas encore défini.

eoliennes-flottantes-DCNS-1 eoliennes-flottantes-DCNS-2

Figure : Vues de l’éolienne flottante développée par DCNS et Alstom

Hauteur de mât 100 m
Diamètre des pâles 150 m
Tirant d’eau 20 m
Poids de la nacelle 450 T
Rayon hors tout du flotteur 40 m
Nombre de câbles d’ancrage Entre 3 et 6
Densité d’installation 1 éolienne max / km ²

 

1.3. Tracé du câble

En février 2016, les équipes du projet travaillent à la définition et à la précision du chemin emprunté par le câble électrique qui reliera la zone d’implantation au poste électrique à terre. Etant donné que le câble, même ensouillé, demeure un obstacle potentiel à la pratique des activités de pêche, le CDPMEM 56 a souhaité s’impliquer fortement auprès de DCNS dans ce travail. Les connaissances fines de la zone ainsi que les cartes des veines sédimentaires ont permis de tracer un corridor potentiel. Des levés géotechniques seront menés prochainement afin de préciser le tracé du câble et les techniques d’ensouillage ou de protection.

Le développeur s’est en effet engagé à ensouiller le câble dans la mesure du possible. Dans les zones où l’ensouillage est difficile (sur des fonds rocheux par exemple), le câble pourrait être protégé par des matelas ou des coquilles. L’objectif est de préserver l’exercice de la pêche, tant les arts dormants que les arts trainants.

1.4. Historique et calendrier prévisionnel du projet

A partir de 2009 : projet WINFLO porté par Nass & Wind – Etudes sur zone

Fin 2013 : Définition d’une zone de moindre contrainte pour la pêche professionnelle répondant aux exigences techniques des constructeurs

Début 2014 : Redémarrage du projet avec un nouveau développeur, DCNS

2014–2015 : Etudes physiques et environnementales (bathymétrie, levés géophysiques, avifaune, mammifères marins, ressources halieutiques…). Diagnostic des activités de pêche par le CDPMEM 56.

Août 2015 : Lancement de l’Appel à Projet par l’ADEME sur 4 zones propices (Groix et 3 en Méditerranée)

Avril 2016 : Clôture de l’Appel à Projet

Fin 2016 : Publication des sites retenus et des lauréats

2017-2018 : Approfondissement des études, dépôt des demandes d’autorisations et concertation

2019-2020 : Travaux et pose des éoliennes et du câble de raccordement (prévisionnel)

 

1.5.La position du CDPMEM56

Le développement des projets éoliens en mer ne constitue pas a priori une bonne nouvelle pour les pêcheurs professionnels. Les impacts sur leurs activités sont en effet nombreux : gêne durant les travaux, fermeture d’un espace de pêche, rupture dans la continuité des zones de pêche, report d’activité sur d’autres zones, perturbations environnementales… Pour autant la profession est consciente des objectifs nationaux et européens en matière d’énergies marines renouvelables. Dès le début du projet entre Groix et Belle-Île, le CDPMEM56 s’est ainsi positionné comme un acteur clé, travaillant avec les différents développeurs vers une vision concertée et partagée de ces projets. Une démarche rendue possible aussi par la volonté des développeurs de nouer un tel partenariat. Les pêcheurs morbihannais ont donc choisi une position d’acteurs dans ce type de projets en menant à ce titre plusieurs actions :
– Partenariat avec le consortium Nass & Wind pour le projet WINFLO dès 2009

– Définition d’une zone de moindre contrainte pour les professionnels en conseil le 12 octobre 2013

– Collaboration avec DCNS dès le redémarrage du projet à l’été 2014, qui se traduit par :

  • La concertation avec les professionnels pour la pose des instruments de mesure en mer,
  • La mise en relation des armateurs et des bureaux d’études pour l’affrètement de navires de pêche,
  • La participation du Comité à la définition des protocoles scientifiques,
  • La réalisation du diagnostic des activités de pêche professionnelle exercées sur le site sur la base notamment des données du programme Sipêche-VALPENA. Ce diagnostic sera intégré à l’étude d’impact du projet.
  • L’information des pêcheurs sur le déroulement du projet, les campagnes de mesures…

Le Comité Départemental des Pêches Maritimes du Morbihan reste vigilant sur toutes ces questions et participe aux instances de concertation et/ou de planification des EMR, que ce soit à l’échelle locale, régionale ou nationale.

Le CDPMEM56 a, dès 2013, défini plusieurs éléments conditionnant l’acceptabilité de la zone. Ce sont les points sur lesquels le développeur devra travailler en priorité pour une bonne acceptation du projet :

  • Eoliennes serrées au maximum pour avoir une surface occupée la plus restreinte possible (16 km² maximum),
  • Pas de passage pêchant entre les machines mais possibilité pour les navires de pêche de traverser la zone en route libre,
  • Respect de la zone de moindre contrainte proposée par la pêche professionnelle (avec possibilité d’un décalage en fonction de contraintes techniques sur quelques mètres autour de la zone délimitée, en concertation avec le CDPMEM56),
  • Axe d’implantation d’éoliennes sur le cap 350°-170° en une seule ligne,
  • Les câbles de raccordement à terre devront être ensouillés sur toute leur longueur pour permettre la pratique de toutes les activités de pêche, arts trainants compris, et emprunter la coursive de Pras au maximum,
  • Le câble de raccordement devra être ajusté à la puissance maximale du site pilote. Il ne doit pas permettre d’extension commerciale du parc d’éoliennes, Des garanties devront être apportées sur les modalités et délais d’intervention pour le ré-ensouillage du câble en cas de remontée accidentelle,
  • Prévoir des mesures de sécurité et de signalisation des éoliennes (AIS, Racon, …)
  • Définir et mettre en œuvre des mesures d’accompagnement, d’indemnisation et de compensation en partenariat avec le CDPMEM du Morbihan.

Afin de mener à bien les différentes missions et études, le CDPMEM56 a mis en place un groupe de travail « EOLIEN » réunissant des pêcheurs professionnels « référents » concernés par le projet.

 

2. Le projet d’hydrolienne en Ria d’Etel

Baptisé Blustream, ce projet expérimental d’hydrolienne a été déposé en 2012 par la société « Le Gaz Integral ». Le site d’implantation retenu est situé dans la ria d’Etel, entre Port-Niscop et Pont-Lorois.
Le projet prévoyait l’installation d’un démonstrateur de 250 kW sur une période test de 3 ans.
L’objectif de la société Le Gaz Intégral était de tester in situ un prototype qui n’a connu jusqu’alors que les bassins d’expérimentation et d’en mesurer l’adéquation technique et les impacts sur l’environnement, les courants, le voisinage…

Le site de la ria d’Etel a été choisi car il est le seul en France où il y a autant de courants protégés des tempêtes. Cette phase de test doit durer 3 ans au cours desquels la machine fonctionnera par intermittence au fond de l’eau. En effet, les mois d’hiver ont été privilégiés pour les essais afin de minimiser la gêne à la navigation et aux activités nautiques.  Le programme ne prévoit pas de tests de l’hydrolienne durant la saison touristique.
D’un point de vue technique, l’hydrolienne flottante est fixée à une barge de 15 mètres par 20 mètres, elle-même fixée par des ancrages. Le projet, soutenu par le Pôle Mer Bretagne Atlantique, a obtenu une Autorisation d’Occupation Temporaire (AOT) en octobre 2012.

Projet-Hydolienne-Etel-carte-CDPMEM56

 

La société Le Gaz Intégral ayant décidé de se retirer du projet, ce dernier est porté depuis fin 2014 par la société Guinard Energies, basée à Brest. Le démonstrateur s’appelle maintenant MegaWattBlue et est constitué d’une seule turbine, contre deux pour BluStream®. L’emprise sur le courant est donc deux fois moins importante. L’installation prévoit une embase triangulaire reposant sur trois chaises tripodes fixées chacune sur le fond par trois ancres à vis. Ces modifications entraînent le déplacement du site d’essai de 200 mètres vers le sud-ouest, sur une zone plus profonde. La mise en place d’une barge amarrée à l’aplomb de l’hydrolienne est toujours prévue pour permettre l’installation des instruments de mesure et la dissipation de l’énergie.

La position prévue ne semble pas gêner à priori les activités de pêche professionnelle, concentrées plutôt sur les rives ou plus en amont. Cependant les professionnels s’inquiètent des impacts que pourraient avoir les turbines sur les ressources halieutiques et souhaitent que des suivis scientifiques sur ce démonstrateur puissent apporter des réponses.
Dans le Golfe du Morbihan, des études sont également menées en vue d’y implanter des hydroliennes. Un projet révélé par Ségolène Royal, la ministre de l’Environnement, lors de sa venue à Séné le 22 novembre 2014 à l’occasion de la création du Parc Naturel Régional du Golfe du Morbihan. L’idée est évidemment de profiter de la force du courant de la Jument. A en croire Ségolène Royal : « Une hydrolienne à cet endroit pourrait produire l’électricité nécessaire à la consommation d’une ville de 2500 habitants comme Arzon ». Le département du Morbihan travaille sur cette idée depuis 2012 mais n’en est encore qu’au stade des études.

L’ensemble des Comités des Pêches français ont adopté, le 10 décembre 2015, une position commune à l’égard des EMR. L’idée générale est que les pêcheurs professionnels ne sont pas opposés aux projets d’EMR, mais à la condition de garantir la coexistence du développement de ces projets avec le maintien de l’activité de pêche. Les structures professionnelles doivent être associées à la définition des projets d’EMR le plus étroitement possible et le plus en amont possible. De même, ces projets doivent être le moins impactant possible pour la filière.

Vous pouvez télécharger ici le texte de la position commune des Comités des Pêches:

Les EMR en Bretagne : http://energies-marines.bretagne.fr/

L’attractivité économique de la Bretagne en termes d’EMR : http://www.invest-in-bretagne.org/-energies-marines-renouvelables,240-.html

Pôle Mer Bretagne Atlantique : http://www.pole-mer-bretagne-atlantique.com/fr/ressources-energetiques-et-minieres-marines

Site France Energies Marines : http://www.france-energies-marines.org/

Site du Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie : http://www.developpement-durable.gouv.fr/-Energies-marines-renouvelables,4757-.html

Position des comités des pêches à l’égard du développement des EMR mise à jour en décembre 2015 :Position révisée Comités_EMR_2015_finale

 

 

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