La ministre de la Mer à la rencontre des pêcheurs à Lorient

vendredi, 30 avril 2021

La ministre de la Mer, Annick Girardin, s’est rendue au port de pêche de Lorient Kéroman vendredi 30 avril. A cette occasion, elle a rencontré les représentants des filières Pêche et Produits de la mer de Bretagne (comités des pêches, organisation de producteurs, mareyeurs…), avant de s’entretenir avec des patrons de pêche hauturière du Morbihan, du Finistère et d’Ille-et-Vilaine.

Les entretiens ont été dominés par les difficultés que rencontrent actuellement les professionnels, notamment des cours en criée très faibles alors que les grandes et moyennes surfaces (GMS) maintiennent des prix de vente élevés. En outre, ces mêmes GMS ont tendance à favoriser les produits d’importation (tirant encore plus les prix vers le bas) alors que les poissons pêchés par les armements français ne semblent être que des variables d’ajustement. Une situation qui a conduit Olivier Le Nézet, président du Comité Départemental des Pêches Maritimes du Morbihan, à réclamer la mise en place d’un mécanisme de régulation des marges, à l’instar de ce qui existe déjà dans l’agriculture.

Les professionnels et leurs représentants comptent aussi sur les consommateurs pour faire le choix de produits locaux. Comme l’a déclaré Olivier Le Nézet : « Les consommateurs ont été au rendez-vous lors du premier confinement en 2020, en diversifiant leurs achats de poissons et en favorisant ceux pêchés par des navires français, ils peuvent aider nos pêcheurs à passer le cap difficile actuel. Comme les autres filières de l’alimentation, l’avenir de la pêche bretonne passe par un circuit de commercialisation responsable et par le choix des consommateurs ». C’est pourquoi, pour aider ces derniers, les Comités des Pêches et les Organisations de Producteurs de Bretagne appellent à une généralisation des marques d’origine afin de faire la différence entre la production des navires français et les importations.

Les difficultés des pêcheurs français trouvent évidemment leur origine dans le Brexit dont la mise en œuvre reste chaotique, dans la pandémie de coronavirus qui réduit les marchés et dans la hausse constante du prix du gasoil. La situation est telle que certains armements préfèrent laisser leurs navires le long du quai, les coûts d’exploitation n’étant pas couverts par les ventes. « A quoi bon aller en mer si c’est pour perdre de l’argent. Notre chiffre d’affaire est en chute libre, nos marins gagnent peu et nous sommes obligés de puiser dans la trésorerie pour payer nos frais » a témoigné le patron d’un chalutier.

Face à cette situation, Annick Girardin a assuré les pêcheurs de la mobilisation du gouvernement pour soutenir la filière. Elle a notamment rappelé qu’un plan d’aide de 100 millions d’euros avait été adopté et que c’était aux professionnels de s’en saisir. La ministre de la Mer s’est déclarée favorable à ce que la pression soit mise sur des GMS extrêmement sensibles à leur image. Selon elle, rémunérer au juste prix les pêcheurs est une évidence. Elle a enfin rappelé que le gouvernement français n’excluait pas l’adoption de mesures de rétorsion contre le Royaume Uni si ce dernier ne respectait pas l’accord du Brexit

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