Captures accidentelles de dauphins : des pêcheurs lorientais au ministère de la Mer

vendredi, 02 octobre 2020

Suite à la hausse du nombre de captures accidentelles de dauphins dans le Golfe de Gascogne ces derniers mois, l’Union Européenne envisage d’imposer 15 jours de fermeture de pêche à tous les fileyeurs, chalutiers pélagiques et bolincheurs français, au cours du premier trimestre 2021.

Cette mesure est vivement contestée par les pêcheurs professionnels et leurs représentants. C’est pourquoi une rencontre s’est tenue le jeudi 1er octobre entre le directeur-adjoint de cabinet de la ministre de la Mer Annick Girardin, la Direction des Pêches Maritimes et de l’Aquaculture (DPMA), et une délégation de pêcheurs lorientais, emmenée par Olivier Le Nézet, président du Comité Départemental des Pêches Maritimes du Morbihan. Un pêcheur du Finistère accompagnait également la délégation, de même que Kristell Siret-Jolive, de la Délégation Mer et Littoral (DML) de Lorient.

« Imposer une interdiction de pêche dans le Golfe de Gascogne serait injuste et arbitraire. Ce projet de l’UE ne repose sur aucune considération scientifique prouvant son utilité. Il s’agit d’une mesure politique visant à répondre à l’émotion médiatique créée par quelques Ong environnementalistes », dénonce Olivier Le Nézet.

La délégation de pêcheurs bretons a donc exprimé trois revendications :

  • L’abandon du projet de fermeture de pêche, qui impacterait sinon gravement le chiffre d’affaires d’armements déjà fragilisés par la pandémie de coronavirus.
  • La définition d’un périmètre de sécurité autour des navires de pêche interdit aux embarcations des Ong afin d’assurer la protection des équipages et éviter tout accident à bord.
  • L’adoption d’un programme de recherche scientifique permettant de comprendre pourquoi la population de cétacés augmente dans le Golfe de Gascogne et comment ainsi la protéger efficacement.

 

Si leurs revendications sont satisfaites, les pêcheurs professionnels bretons s’engagent à accepter à leur bord des observateurs indépendants qui pourront contrôler leurs méthodes de travail. Ils promettent aussi de déclarer aux Affaires Maritimes les éventuelles captures accidentelles de dauphins. Cela permettrait notamment de savoir où ces prises ont lieu, de jour ou de nuit…, ce qui serait utile pour lutter contre le phénomène. Enfin les pêcheurs professionnels se disent prêts à participer à des programmes de recherche scientifique en apportant leurs connaissances empiriques du milieu marin.

Le directeur de cabinet d’Annick Girardin a écouté avec intérêt les propositions de la délégation lorientaise. La rencontre –qui a duré près de deux heures- s’est déroulée dans un climat serein. Comme le souligne Olivier Le Nézet : « Il est essentiel de dépassionner ce débat. Mais évidemment nous restons vigilants ».

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