Quotas 2018 : Résultats décevants pour le Golfe de Gascogne

jeudi, 14 décembre 2017

Les négociations pour la définition des tacs et quotas ont été particulièrement difficiles cette année. Elles se sont en effet achevées peu avant 8 heures du matin, mercredi 13 décembre, alors que l’on en attendait les conclusions mardi soir. La volonté affirmée du commissaire européen à la Pêche, Karmenu Vella, d’atteindre le rendement maximal durable (RMD) pour davantage d’espèces dès 2018 (alors que l’échéance a été fixée à 2020) explique pour partie ces difficultés. Au final, 53 espèces seront amenées au RMD en 2018, soit 9 de plus que l’année passée.

Mais la difficulté des négociations n’est pas synonyme de résultats satisfaisants pour les pêcheurs, particulièrement ceux travaillant dans le Golfe de Gascogne. Ainsi le quota de merlu diminue de 7%, ceux de cardine et de sardine de 10% et celui de maquereau de 20%. La langoustine est logée à la même enseigne avec une réduction du quota de 13%. Pour la cardine et la langoustine, c’est l’application dès 2018 du RMD qui est en cause. Cinq autres espèces emblématiques du Golfe voient leur quota inchangé par rapport à 2017 : la lingue franche, l’anchois, la baudroie, le merlan et le lieu jaune.

La hausse des quotas de sole (+ 6%), de raie (+ 15%) et de chinchard (+ 21%) ne suffira pas à compenser la déception des professionnels face à ces résultats. Comme le souligne Olivier Le Nézet, président du CDPMEM56 : « Ces quotas 2018 sont décourageants. On a l’impression que les efforts des pêcheurs ne paient pas. Ils respectent des règles toujours plus draconiennes, ils prennent des initiatives et collaborent avec les scientifiques pour adopter des engins de pêche plus sélectifs. Ils modernisent leur navire afin que leur activité soit conforme aux principes du développement durable. Tout ça pour quoi ? Au lieu de les encourager, la Commission européenne les pénalise encore davantage ».

Au-delà des chiffres espèce par espèce, il est à souligner que les quotas adoptés sont parfois plus restrictifs que les préconisations des scientifiques. La Commission européenne a ainsi fait preuve d’un dogmatisme et d’une rigueur souvent déconnectés d’une bonne gestion des ressources halieutiques. Une attitude qui risque en outre d’aggraver la défiance des pêcheurs professionnels à l’égard des institutions européennes. Une telle défiance est-elle vraiment favorable à une bonne gestion des pêcheries à long terme ?  On peut aussi s’interroger sur le juste équilibre des quotas selon les façades maritimes. Si le quota de langoustines chute de 13% dans le Golfe de Gascogne, il augmente par contre de 15% en Manche et de 22% en Mer du Nord.

Trois autres stocks méritent un coup de projecteur. La pêche de l’anguille européenne sera fermée trois mois de suite, à décider par chaque Etat membre entre le 1er septembre 2018 et le 31 janvier 2019, période de migration durant laquelle l’anguille est la plus vulnérable. En zone sud, le bar (qui n’est pas une espèce sous quota) reste soumis à un plafond annuel de capture commerciale fixé à 2490 tonnes. Les pêcheurs de loisir, pour leur part, devront limiter leurs captures à 3 poissons par jour. Enfin aucune décision n’a été prise concernant la raie brunette. Il faudra attendre pour cela l’avis scientifique du CIEM qui ne sera probablement pas connu avant le mois d’avril. Une hausse en cours d’année est cependant probable.

 

Pour consulter le tableau des principaux quotas, cliquer sur ce lien

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