Perte d’un engin de prospection : une mise en danger de la sécurité des marins

jeudi, 05 octobre 2017

Le jeudi 21 septembre, le navire Atlantic Tonjer a perdu en mer une tige destinée à réaliser des carottages sur le fond, alors qu’il menait une campagne de mesures géotechniques dans le cadre de la future implantation d’éoliennes flottantes entre Groix et Belle-Île. L’engin -que l’on appelle un vibro-carottier- a été perdu à proximité d’une zone appelée « le Coup du Grec » où travaillent de nombreux bateaux de pêche, par une profondeur de 69 mètres ; à 9 miles au sud de la Pointe des Chats (Groix) et 10 miles au nord-ouest de la Pointe des Poulains (Belle-Île).

Comprenant qu’il s’agissait d’un incident involontaire et souhaitant ne pas polémiquer, tout en étant extrêmement soucieux de la sécurité des marins, le Comité Départemental des Pêches Maritimes du Morbihan a demandé, dans un premier temps, à l’opérateur du projet, la société EOLFI, de faire signaler cet engin par une bouée éclairée et de le retirer dans les meilleurs délais. Demande relayée par la Délégation à la Mer et au Littoral de Lorient par un courrier du 22 septembre. Ce courrier de la DML précise bien que « Cette épave de grande dimension est située dans une zone de pêche et présente donc un danger pour les navires exerçant cette activité ».

Douze jours après, le CDPMEM56 a constaté, non seulement qu’aucune opération de récupération n’ avait été effectuée alors que les conditions météo le permettaient, mais aussi que la bouée censée signaler ce matériel de prospection géotechnique n’était pas éclairée la nuit et était d’une taille ridiculement petite. A la vue de cette bouée, aucun marin ne peut comprendre qu’une épave de grande taille se trouve par le fond. Seul un Avurnav avait été diffusé pour informer de la présence de cette tige de carottage. La situation a légitimement scandalisé le CDPMEM56. Comme l’a déclaré Olivier Le Nézet, président du CDPMEM56 : « Il s’agit d’une véritable mise en danger de la sécurité des navires et des marins. Faut-il attendre un drame pour que EOLFI et les sociétés prestataires se décident à agir ? C’est un manque total de respect pour les gens de mer. J’ai donc décidé d’agir en justice ». Une plainte contre X a en effet été déposée au commissariat de Lorient.

Ce vibro-carottier mesure 11,5 mètres de haut, pour un diamètre de 1 mètre, une base de 4 mètres et pèse 2,5 tonnes (voir photo). Ayant été perdu pendant une opération de prélèvement de sédiments, il est resté planté dans le fond, à la verticale. Il représente donc un réel danger pour les navires de pêche, en particulier pour les chalutiers de fond. Environ 70 bateaux travaillent dans la zone concernée.

Suite à un courrier de protestation du CDPMEM56 et à une conférence de presse pour informer le public de cette affaire, EOLFI a enfin demandé à un prestataire d’installer un engin de signalisation digne de ce nom (et conforme à la réglementation) sur le lieu où repose le vibro-carottier. Près de deux semaines après la perte de l’engin !!  Une opération de récupération devrait avoir lieu entre le 12 et le 15 octobre si les conditions météo le permettent.

Comme c’est le cas depuis le début du projet d’implantation d’éoliennes entre Groix et Belle-Île, le Comité Départemental des Pêches Maritimes du Morbihan entend être un partenaire constructif du maître d’œuvre. Mais il entend aussi être extrêmement vigilant et aura toujours comme priorité la défense des intérêts des pêcheurs professionnels.

TOP