Comité Départemental des Pêches Maritimes et des Elevages Marins du Morbihan

Opération de réensemencement de coques en Petite Mer de Gâvres

jeudi, 30 octobre 2014

 

Communiqué de presse

 

Le Comité Départemental des Pêches Maritimes et des Elevages Marins du Morbihan a mené ce jeudi matin 30 octobre une opération de réensemencement de coques en Petite Mer de Gâvres, conformément à un programme annoncé depuis plusieurs mois et approuvé par les pouvoirs publics. L’objectif de ce semis est de redynamiser –dans le respect de l’environnement- l’un des principaux gisements classés de pêche à pied du département, confronté depuis plusieurs années à une inquiétante diminution de la ressource.

 

Dans quel contexte s’inscrit ce réensemencement ?

Depuis bientôt trois ans, la pêche à pied professionnelle traverse une grave crise dans le Morbihan, mettant en péril l’équilibre financier de nombreuses entreprises. Une vingtaine de pêcheurs ont même dû quitter le métier. Lors d’une réunion organisée le 15 juin 2013 à Lorient avec le préfet de la région Bretagne, le réensemencement (de palourdes dans le Golfe, de coques en Petite Mer de Gâvres) a été l’une des pistes suggérées pour venir en aide durablement aux pêcheurs à pied tout en favorisant l’écosystème des sites concernés.

Le CDPMEM56 –seul organisme élu représentatif de l’ensemble des pêcheurs professionnels- a notamment pour mission la défense des intérêts de ses membres, ainsi que la gestion des ressources halieutiques. Il était donc logique qu’il s’implique dans ce dossier. Depuis le début, sa seule préoccupation est la relance de la filière pêche à pied dans le Morbihan. L’enjeu est à la fois économique, humain et environnemental. La Petite Mer de Gâvres était le principal gisement de pêche de coques dans le Morbihan. Mais le lieu est aujourd’hui fermé à la pêche professionnelle.

Les dernières prospections –menées en mars 2014 par le CDPMEM56 et l’IFREMER- ont confirmé la faible abondance de la ressource en Petite Mer de Gâvres. La biomasse commerciale a en effet été divisée par 3,5 entre 2011 et 2012 et de nouveau par 3,5 entre 2012 et 2014 (292 tonnes en 2011 ; 88 tonnes en 2012 ; 45 tonnes en 2013 ; 25 tonnes en 2014). Surtout aucun recrutement de juvéniles n’a été enregistré depuis trois ans, un élément particulièrement inquiétant pour l’avenir du gisement. Les causes de ce faible recrutement sont inconnues. Pourtant les professionnels avaient adopté des mesures de gestion strictes (calendrier de pêche, quota journalier, surveillance…) dès les premiers signes d’appauvrissement du gisement en 2010. Ce réensemencement apparaît donc d’autant plus pertinent. Il est important de souligner que ce programme a reçu la caution scientifique de l’IFREMER. De son côté, la Direction Générale de l’Alimentation (DGAL) –organisme public affilié au ministère de l’Agriculture- n’a noté aucune contre-indication quant aux conséquences environnementales du semis.

 

Comment s’est déroulé le réensemencement ?

Le semis a eu lieu ce jeudi entre 6 heures et 9 heures du matin, à la marée montante. 20 tonnes de naissains ont été jetés à la volée depuis une barge par 8 personnes, permanents du Comité Départemental des Pêches du Morbihan et pêcheurs à pied professionnels. L’implication des pêcheurs professionnels dans ce programme mérite d’ailleurs d’être soulignée.

La zone retenue couvre 6000 m², soit moins de 3% de la Petite Mer de Gâvres. Elle a été choisie car particulièrement propice à la pousse des coquillages. Les naissains proviennent du gisement classé de l’estuaire de la Vilaine. Ils mesurent environ 10 mm. Ils avaient été pêchés par des professionnels du département quelques heures seulement auparavant pour assurer une qualité optimale du produit.

 

Comment ce programme va-t-il être suivi dans les prochains mois ?

Des semis de coques ont déjà été réalisés avec succès dans plusieurs départements à partir de naissains issus de la Vilaine, mais c’est une première en Petite Mer de Gâvres. Il s’agit donc d’un programme expérimental. Un chargé de mission du CDPMEM56 et un pêcheur professionnel suivront régulièrement l’évolution des naissains (taille, nombre…). L’objectif est que les coques semées soient capables d’assurer leur reproduction naturelle. La coque arrive à maturité sexuelle dès sa deuxième année (entre 15 et 18 mois) lorsque sa taille atteint 20 mm. A la fin du projet (en avril 2016), le coquillage aura donc pondu au moins une fois. Ce réensemencement initié par le CDPMEM56 s’inscrit ainsi dans une logique de gestion durable et responsable de la ressource. Si les résultats sont encourageants, de nouvelles zones de semis pourraient d’ailleurs être définies. Le suivi du programme impose de fermer la zone du semis (pas toute la Petite Mer de Gâvres) à la pêche professionnelle comme à la pêche récréative. Elle rouvrira à tous à l’issu du programme. En reconstituant un gisement emblématique du Morbihan, en valorisant l’ensemble de la Petite Mer de Gâvres, ce réensemencent réalisé par les représentants de la pêche professionnelle bénéficiera donc en réalité à tout le monde.

 

Combien coûte ce réensemencent ?

De la prestation des navires pour la récolte des naissains à la location de la barge en passant par l’indemnisation des pêcheurs professionnels participants aux opérations, ce programme coûte moins de 30.000 euros, financés par l’Union Européenne, l’Etat, la région Bretagne, le Conseil Général du Morbihan et le CDPMEM56. Ce programme ne coûte rien directement aux contribuables locaux, et l’investissement est modeste par rapport aux bénéfices attendus tant sur le plan environnemental, valorisation de la Petite Mer de Gâvres au profit de tous et survie économique d’entreprises de pêche à pied aujourd’hui sinistrées.

 

 

Contact presse : Jean PIEL 02 97 37 01 91 / 07 77 92 57 43

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