Comité Départemental des Pêches Maritimes et des Elevages Marins du Morbihan

Pour un schéma national de développement de la pêche

mercredi, 02 juillet 2014

Frédéric Cuvillier, secrétaire d’Etat aux Transports, à la Mer et à la Pêche, est venu à Lorient, mardi 1er juillet, inaugurer les Assises de la Pêche. A cette occasion, il a rencontré plusieurs pêcheurs morbihannais, notamment des pêcheurs à pied ainsi que des jeunes qui souhaitent acquérir un bateau. Tous lui ont fait part de leur passion pour le métier, mais aussi de leur difficulté à s’installer comme chef d’entreprise vus le prix des bateaux et les lourdeurs administratives à l’installation.

DSC_1858 [1024x768bis]Lors d’une table ronde organisée dans les locaux du CEFCM, Olivier Le Nezet, président du Comité Départemental des Pêches Maritimes du Morbihan, a réclamé l’instauration d’un schéma national de développement de la pêche. François Hollande en avait d’ailleurs évoqué la possibilité lors du dernier Salon de l’agriculture. Un tel schéma national contribuerait à dynamiser la filière pêche en France. Il favoriserait notamment le renouvellement des flottilles et la formation des futurs pêcheurs. Comme l’a souligné Olivier Le Nezet : « Aujourd’hui la priorité pour la pêche est le renouvellement des hommes et la modernisation des bateaux. Pour devenir patron de pêche, il faut être très bien formé, mais aussi disposer de bateaux récents, performants, sûrs, économes et en cohérence avec les exigences européennes d’une pêche durable et responsable. Les pêcheurs ont aussi besoin de visibilité sur l’avenir ; un bateau de pêche est une entreprise à part entière, or tout chef d’entreprise a besoin de visibilité pour organiser son activité  ». Ce schéma national de développement de la pêche permettrait aussi la mise en place d’un fond d’investissement pour aider les jeunes à acquérir un bateau, alors qu’aujourd’hui les prix des navires sont très élevés et les banques souvent trop exigeantes en termes d’apport personnel. « Si on renouvelle 4 bateaux par an à Lorient, il faudra 30 ans pour moderniser toute la flottille ; ce n’est pas acceptable », a ajouté Olivier Le Nezet.

Par ailleurs, le président du CDPMEM56 a plaidé pour une simplification des procédures administratives qui imposent aujourd’hui aux pêcheurs de consacrer de nombreuses heures à remplir des documents. Il a aussi réclamé une « pause environnementale » : « Les pêcheurs professionnels sont favorables à une écologie constructive, non pas punitive, une écologie qui protège vraiment le milieu marin. Aujourd’hui, les lois environnementales sont trop nombreuses. Certaines mesures ne sont pas encore appliquées qu’on leur annonce déjà un complément ». Olivier Le Nezet a également souhaité que soit davantage reconnu par les pouvoirs publics l’important travail des Comités de pêche en matière d’environnement et de gestion des ressources halieutiques.

Enfin Olivier Le Nezet a réclamé à Frédéric Cuvillier deux autres mesures en faveur de la pêche professionnelle : des moyens renforcés pour les médecins des gens de mer, qui ne sont pas assez nombreux alors que leurs missions sont de plus en plus complexes. Et enfin une grande campagne de communication pour valoriser l’image des pêcheurs et de la filière auprès du grand public, cela alors que certaines Ong environnementalistes diffusent des messages mensongers contre la profession. « La pêche est essentielle à l’économie d’un territoire. Lorsqu’un bateau disparait, c’est toute une région qui est touchée. Le développement économique des territoires se fera de plus en plus en mer », a conclu Olivier Le Nezet.

Ces revendications semblent avoir été entendues par le secrétaire d’Etat à la pêche. « Je mesure les attentes et les préoccupations des professionnels. Ces derniers mois, des avancées ont déjà eu lieu ; nous allons poursuivre nos efforts pour conforter la compétitivité des entreprises de la filière ». Et Frédéric Cuvillier d’annoncer la prochaine nomination d’un médiateur dédié à la simplification administrative. Deux rapports sont également attendus fin juillet afin de définir les moyens d’aider les jeunes pêcheurs à acquérir un bateau. « Toutes les aides doivent être euro-compatibles. Je refuse de m’engager sur des aides que les pêcheurs seraient obligés de rembourser dans quelques années », a précisé Frédéric Cuvillier. Concernant la formation, le secrétaire d’Etat s’est félicité du succès du nouveau BTS maritime qui affiche déjà complet dans les deux lycées maritimes qui le proposent en Bretagne.

Devant le public nombreux des Assises de la Pêche, Frédéric Cuvillier a déclaré vouloir « défendre autant la petite pêche que la pêche hauturière. Les entreprises de la filière doivent faire preuve de réactivité, d’innovation et de courage pour faire face à la situation économique actuelle, et poursuivre leur engagement vers la durabilité, la qualité et la préservation de la ressource ». Pour toutes les actions en faveur de la pêche professionnelle, Frédéric Cuvillier entend s’appuyer sur le FEAMP, l’instrument financier de la Politique Commune de la Pêche, qui a octroyé une enveloppe de 369 millions d’euros à la France, soit une hausse de 70% par rapport à la précédente PCP. Au-delà des mots, la filière pêche attend maintenant la mise en œuvre de mesures concrètes en sa faveur.

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