Comité Départemental des Pêches Maritimes et des Elevages Marins du Morbihan

Réensemencement en Petite Mer de Gâvres : Qui dit vrai, qui dit faux ?

lundi, 23 juin 2014

Dans un article publié par Ouest-France le 21 juin, le maire de Gâvres met en cause de façon véhémente le Comité Départemental des Pêches Maritimes et des Elevages Marins du Morbihan à propos du projet de réensemencement de la Petite Mer de Gâvres. Cette nouvelle attaque injustifiée nous impose –une fois encore- de rappeler certaines vérités.

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«  280 tonnes de naissains de coques vont être réensemencées »

  1. Le réensemencement porte sur 20 tonnes de coques. Les semis se feront sur une superficie de 6000 m², soit moins de 3% de la Petite Mer de Gâvres.

 

« Il n’y a pas eu la moindre consultation sur ce projet »

  1. Olivier Le Nezet, président du CDPMEM56, a rencontré -entre autre- le maire de Gâvres, Dominique Le Vouedec, dès juin 2013 pour lui présenter ce projet dont le seul but est de redynamiser l’un des principaux sites classés de pêche à pied du Morbihan aujourd’hui dans une situation dramatique. Cette opération profitera autant aux pêcheurs plaisanciers qu’aux professionnels.

 

« La population a rejeté ce projet par un vote en août »

Vrai et faux.  Un tel référendum local n’a aucune valeur légale. Par ailleurs, quelle était exactement la question posée ? S’il s’agissait de se prononcer pour ou contre la privatisation de la Petite Mer de Gâvres, la réponse ne pouvait être que négative. Mais le CDPMEM56 n’a jamais voulu privatiser la Petite Mer (au profit de qui ? c’est en outre juridiquement impossible), mais au contraire agir pour tous, pêcheurs plaisanciers comme professionnels. Si la question avait été « Etes-vous favorables à un réensemencement qui respecte l’environnement, valorise la Petite Mer et bénéficie à tout le monde (comme c’est le cas du projet du CDPMEM56), la réponse aurait probablement été positive. On peut en outre s’interroger sur les conditions d’organisation d’un vote qui « a rassemblé plus de 1000 personnes à Gâvres » (soit davantage que le nombre d’habitants de la commune, mineurs compris !!). Le CDPMEM56 n’a jamais été invité à présenter ce projet à la population ; cela aurait pourtant permis aux habitants de se prononcer en toute connaissance de cause. Où est donc le respect des normes démocratiques avant un vote ? Où est le désir de consultation tant revendiqué par la municipalité de Gâvres ?

 

« Le préfet maritime et le préfet de région restent silencieux »

Faux. La Commission régionale de la pêche maritime et de l’aquaculture marine (COREPAM), présidée par le préfet de la région Bretagne, a approuvé le 24 avril le plan de relance de la pêche à pied défendu par le CDPMEM56 et qui prévoit notamment ce réensemencement en Petite Mer de Gâvres mais aussi dans le Golfe du Morbihan. Il est d’ailleurs paradoxal de la part de Dominique Le Vouedec d’affirmer ne vouloir que les représentants de l’Etat comme interlocuteurs sur ce dossier (et surtout pas le Comité des Pêches) et se plaindre de leur silence. Par ailleurs, le CDPMEM56 n’est pas chargé de la communication des pouvoirs publics. Enfin plusieurs échanges ont eu lieu entre le maire de Gâvres d’une part, le Préfet de région et les Affaires maritimes d’autre part.

 

« Aucune étude d’impact n’a été réalisée »

  1. La loi n’impose pas une étude d’impact sur un projet de réensemencement. Cela a été confirmé par la DREAL à la demande des Affaires Maritimes. Une demande qui prouve d’ailleurs bien que ce projet a été suivi de près par les pouvoirs publics ; il ne s’agit pas d’une initiative individuelle du CDPMEM56.

 

 

Le Comité Départemental des Pêches du Morbihan entend rappeler plusieurs éléments essentiels sur ce dossier :

  • Les prospections menées en mars dernier ont permis de constater la très faible ressource en coques dans la Petite Mer de Gâvres. La biomasse commerciale a diminué de moitié depuis 2012. Plus grave, on note une absence quasi-totale de juvéniles depuis trois ans. Les professionnels avaient pourtant pris l’initiative de limiter leur effort de pêche dès la première année d’exploitation.
  • Ce réensemencement apparaît aujourd’hui comme une solution pour répondre à la très faible abondance de coques. Ce réensemencement sera réalisé dans une logique de pêche durable et responsable et adapté à l’état des stocks.
  • L’objectif n’est pas de semer des coques pour les repêcher quelques mois plus tard ; rien de comparable avec une concession ostréicole. L’idée est de semer des géniteurs afin de favoriser une reconstitution du stock dans les conditions les plus naturelles possibles. Le réensemencement ne concerne que deux sites, soit moins de 3% de la Petite Mer de Gâvres.
  • Ce réensemencement a reçu l’approbation scientifique de l’IFREMER.
  • Ce projet est mené depuis le début dans la concertation avec l’ensemble des pêcheurs du Morbihan, les services de l’Etat, la région Bretagne et le Conseil Général du Morbihan. Olivier Le Nezet a rencontré les maires concernés pour leur expliquer les intérêts d’un projet bénéfique pour tous, plaisanciers comme professionnels.
  • Contrairement à certaines affirmations fantaisistes, il n’est pas question de privatiser la Petite Mer de Gâvres (qui en serait le propriétaire ?) ni d’avoir recours à des naissains transgéniques. Les sites de réensemencement seront fermés à la pêche pendant deux ans, tant pour les professionnels que pour les plaisanciers. Puis ils ré-ouvriront pour tous.
  • Ce projet ne coûte pas un euro à la mairie de Gâvres alors qu’il valorise l’ensemble de la Petite Mer. Que font les élus municipaux pour les pêcheurs professionnels dont plusieurs sont au bord de la faillite ? Pour sa part, le CDPMEM56 agit.
  • Le maire de Gâvres ne se trompe-t-il pas de combat ? Le vrai défi aujourd’hui est la qualité sanitaire des eaux. Un déclassement de la Petite Mer en C, proposé par l’IFREMER, aurait pour conséquence de la fermer dans son entier (et non pas seulement 3% comme dans le projet du Comité des Pêches). A chacun de se demander qui est responsable de cette mauvaise qualité des eaux. Les pêcheurs professionnels n’en sont pas responsables ; ils en sont victimes. Le CDPMEM56, pour sa part, agit sur ce qui relève de sa compétence, notamment l’état des stocks de coquillages. Que le maire de Gâvres agisse sur ce qui relève de ses compétences plutôt que de critiquer un projet légitime et bénéfique à tous.
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