Comité Départemental des Pêches Maritimes et des Elevages Marins du Morbihan

Le Parlement européen rejette l’interdiction de la pêche en eaux profondes

jeudi, 17 avril 2014

Le Parlement de Strasbourg s’est prononcé, mardi 10 décembre, contre l’interdiction du chalutage en eaux profondes. Un vote serré (342 voix contre 326), marqué par des divisions au sein même des groupes politiques, mais un vote acquis et qui sonne comme une reconnaissance des efforts effectués ces dernières années par la profession en faveur d’une pêche durable et responsable.

Faut-il le rappeler, la pêche des grands fonds a subi ces dernières années de violentes attaques de la part d’Ong environnementalistes –Bloom au premier chef- l’accusant de détruire les fonds marins et de mettre en péril la survie des espèces ciblées, en particulier le grenadier, la lingue bleue et le sabre noir dont la maturité sexuelle est très tardive. Ce à quoi les armements engagés dans cette pêcherie –Scapêche notamment- rappelaient que l’activité est extrêmement réglementée, que les quotas sont stricts, que les engins sont de plus en plus sélectifs et que les navires se limitent toujours aux mêmes zones de pêche, représentant à peine 3% de l’espace maritime disponible. Surtout des études de l’Ifremer reconnaissent le caractère durable de la pêche en eau profondes telle que pratiquée par les navires européens. Au demeurant, en 2013 la Commission européenne a augmenté les TAC (totaux autorisés de captures) de 20% pour la lingue bleue, de 40% pour le sabre et de 69% pour le grenadier.

Ce vote du Parlement européen est évidemment une excellente nouvelle pour le port de Lorient. La pêche en eaux profondes représente plus de 20% des débarquements et du chiffre d’affaires de Keroman. Son interdiction aurait mis en péril 600 emplois.

Le Comité Départemental des Pêches Maritimes et des Elevages Marins du Morbihan se félicite de ce vote des eurodéputés. Comme l’a déclaré son président, Olivier Le Nezet : « Il s’agit d’une victoire du bon sens, consacrant les efforts réalisés par cette pêcherie pour toujours mieux respecter les fonds marins comme les espèces ciblées. Il s’agit aussi d’une victoire pour tous les professionnels –pêcheurs, armateurs, filière aval- engagés au quotidien dans un métier difficile et soucieux de toujours respecter scrupuleusement la réglementation des pêches ».

Ce vote du Parlement européen prouve aussi que les arguments justes défendus par la filière pêche ont pu l’emporter contre la campagne de communication puissamment orchestrée par des Ong environnementalistes mais reposant sur des arguments infondés. Néanmoins, lors de ce même vote, le Parlement européen a tenu à renforcer le contrôle sur la pêche des grands fonds : les bateaux devront se cantonner aux zones déjà pêchées (aucune nouvelle zone ne sera autorisée), les avis des scientifiques seront davantage pris en compte pour définir les quotas, une règle d’évitement prévoit qu’un navire qui rencontre un écosystème vulnérable devra cesser sa pêche et s’éloigner d’au moins 5 milles. Défendant une pêche durable et responsable, le CDPMEM56 accueille sans inquiétudes ce contrôle accru de la pêche des grands fonds.

Du côté de la Scapêche, « On se réjouit de la décision prise. Le Parlement européen, en adoptant ce compromis politique, donne raison aux marins-pêcheurs ». Mais Fabien Dulon, le directeur-général de la Scapêche, a annoncé que son entreprise allait mettre à profit la période probatoire de cinq ans votée par les députés européens pour réorienter son activité vers d’autres espèces, tenant ainsi compte de l’inquiétude de l’opinion publique. Les grands fonds représentent 4000 tonnes sur les 14.500 tonnes pêchées par les 18 bateaux de la Scapêche.

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