Comité Départemental des Pêches Maritimes et des Elevages Marins du Morbihan

Le CDPMEM56 opposé au programme Géolox

lundi, 14 avril 2014

S’appuyant sur des fonds européens, la Direction des Pêches Maritimes et de l’Aquaculture (DPMA) met actuellement en place un programme d’équipement des navires de moins de 12 mètres en balise de géolocalisation. Programme baptisé Géolox. L’objectif de la DPMA est d’ainsi améliorer la connaissance de l’activité des flottilles de DSC_3874 [1024x768bis]moins de 12 mètres, particulièrement leur distribution spatiale. Les informations recueillies dans ce cadre seraient intégrées au logiciel Sacrois, ce qui permettrait un croisement des données déclaratives (fiches de pêche, données de vente…).

Grâce à cet outil, la DPMA assure vouloir mieux défendre les intérêts des pêcheurs professionnels. Elle espère équiper de balises 600 bateaux en France, en s’appuyant uniquement sur le volontariat.

Trois entreprises sont partenaires de ce programme qui devrait s’étaler sur deux ans (2013-2015) : NKE instrumentation (fourniture, installation et maintenance de la balise) ; Océanic Développement (recrutement des bateaux volontaires, communication sur le projet auprès des pêcheurs, lien entre les navires et NKE, suivi de l’avancement du projet) ; Ifremer (réception, bancarisation, traitement et diffusion des données).

Certes le programme Géolox s’appuie sur le volontariat, certes il complèterait de manière objective les enquêtes SIPêche Valpena (même s’il s’agit de deux programmes différents), certes l’objectif affiché de la DPMA est de mieux défendre le secteur de la pêche. Néanmoins ce projet pose de nombreuses questions :

L’accès aux données : Qui y aura accès ?  Pour quelles utilisations ?  Dans quel cadre réglementaire ?  On peut craindre que les informations recueillies soient utilisées pour des projets de partage de l’espace maritime qui iraient à l’encontre de l’intérêt des professionnels.  Cette crainte est d’autant plus justifiée que le futur portail halieutique (le site Internet sur la pêche de l’Ifremer) sera ouvert à tous, pêcheurs comme administration ou ONG environnementalistes.

La représentativité : Comment s’assurer d’un juste échantillonnage des navires ?  Si seulement quelques navires se portent volontaire, les données recueillies ne seront pas représentatives de l’activité des flottilles, mais pourraient être considérées comme telles par les pouvoirs publics et utilisées lors de divers projets de partage de l’espace maritime.

Les limites des données spatialisées : la position géographique d’un navire est loin d’être suffisante pour en tirer des conclusions sur l’activité des flottilles. Il est indispensable d’analyser d’autres facteurs (météo, saison, prix du marché…) que ne fournit pas Géolox.

L’interprétation des données : un accès libre aux données –notamment à des acteurs extérieurs au monde de la pêche- pourrait poser des problèmes d’interprétation et d’analyse.

Le recrutement de navires pour ce programme doit commencer très prochainement. Il est donc possible que des armateurs du Morbihan soient approchés par le bureau d’études Océanic Développement pour y participer. Le Comité Départemental des Pêches du Morbihan vous déconseille formellement de vous porter volontaire pour ce programme Géolox. La DPMA –dont, rappelons-le, le rôle n’est pas la défense des intérêts des pêcheurs professionnels- n’a répondu à aucune des questions que nous nous posons ; il semble donc risqué d’accepter de participer à Géolox. Les autres Comités des pêches bretons y sont également opposés.

Le 29 mars dernier, le Conseil du CDPMEM56 –seul organisme élu et représentatif de la profession- s’est d’ailleurs prononcé contre l’installation de balises de géolocalisation à bord des navires de moins de 12 mètres dans le cadre de ce programme.

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